2021, année de la biodiversité #ST54 [en]

À l’occasion de la journée internationale de la diversité biologique du 22 mai 2021, le service scientifique de l’ambassade de France revient sur l’agenda mondial de cette année, et de l’importance de la recherche franco-australienne sur la biodiversité.

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Agenda international

Après un coup d’envoi de la France lors du One Planet Summit le 11 janvier 2021 à Paris (#ST35), deux grands rendez-vous ajournés à cette année à cause de la pandémie de 2020 doivent avoir lieu en fin d’année afin de poser d’importants jalons pour la collaboration internationale en faveur de la biodiversité.

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Organisée par la France, la 43è Réunion Consultative du Traité sur l’Antarctique (RCTA) du 14 au 24 juin 2021 aura finalement lieu en ligne. Ce rendez-vous annuel fonde le socle de la collaboration internationale pour la protection de ce continent dédié à la paix et à la recherche. Pour plus d’information, rendez-vous sur notre Science Thursday #ST48.

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Initialement prévu pour juin 2020, le Congrès mondial de la nature de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) aura lieu du 3 au 11 septembre 2021 à Marseille. Celui-ci sera pour la première fois en partie retransmis au public.

Organisé tous les quatre ans, ce Congrès permet aux 1 400 organisations membres de l’UICN, dont des États, la société civile et les peuples autochtones, de s’engager de façon démocratique sur les questions les plus urgentes en matière de conservation de la nature, ainsi que les actions à entreprendre pour y répondre.

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La quinzième réunion de la Conférence des Parties (CoP 15) se tiendra à Kunming, en Chine, du 11 au 24 octobre 2021. Elle se penchera sur les résultats de la mise en œuvre du Plan stratégique 2011-2020 pour la diversité biologique, ainsi que la décision finale concernant le cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020.

La Conférence des Parties est l’organe directeur de la Convention sur la diversité biologique, dédiée à la promotion du développement durable. Elle fait progresser la mise en œuvre de la Convention par des décisions prises lors de ses réunions périodiques.

COP15/ COP26, quelle différence ? Si COP veut dire Conférence des Parties, la COP26 n’est pas pour la biodiversité mais bien pour le climat ! Cette conférence internationale qui aura lieu du 1er au 12 novembre 2021 à Glasgow (Ecosse), doit réunir les partis de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques ou CCNUCC.

Ces deux conventions ont été signées en 1992 par 150 chefs de gouvernement durant la Conférence des Nations-Unies sur l’environnement et le développement ("Earth Summit") qui s’est tenue à Rio de Janeiro.

La recherche scientifique dédiée à la biodiversité en Australie

La biodiversité australienne est riche et unique. Entre 7 et 10% de toutes les espèces sur Terre se trouvent en Australie, avec un niveau élevé d’endémisme : 87% des mammifères, 45% des oiseaux, 93% des reptiles, 94% des grenouilles et environ 92% des plantes vasculaires d’Australie ne se trouvent nulle part ailleurs dans le monde. Certaines espèces animales sont d’ailleurs devenues emblématiques, telles échidnés et ornithorynques, les marsupiaux (kangourous, koalas), de même que de nombreux végétaux (eucalyptus, acacia, banksia).

La politique environnementale australienne est très présente sur la scène internationale, étant signataire de la Convention sur la Diversité Biologique (CBD) dès 1993, complétée par les 20 « objectifs d’Aichi » en 2010. C’est à la suite de cet engagement que l’Australie lance en 1996 la Stratégie Nationale pour la Conservation de la Diversité Biologique Australienne (The National Strategy for the Conservation of Australia’s Biological Diversity), et devenant l’un des premiers pays à développer une stratégie nationale pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique. Elle est restée l’un des instruments principaux de mise en œuvre de la Convention jusqu’à 2010 au lancement de l’Australia’s Biodiversity Conservation Strategy 2010-2030, remplacé en 2019 par l’Australia’s Strategy for Nature 2019-2030.

La France et l’Australie, partenaires scientifiques de haut niveau dans les domaines de la protection de la biodiversité et de l’environnement, comptent de nombreuses collaborations avec des organismes de premier plan (CNRS, CIRAD, IRD, IFREMER, CSIRO, AIMS, universités…). Dans ce cadre, le service scientifique de l’ambassade réalise une veille bimensuelle de la recherche australienne, ainsi que des collaborations franco-australiennes, sur le thème de l’environnement et de la biodiversité.

Les articles ci-dessous sont extraits de la veille mars-avril 2021, qui couvre aussi les domaines de la santé, de l’espace, des nouvelles technologies, etc.

Pour t’inscrire à la liste de diffusion du bulletin, envoie simplement une demande écrite à l’adresse science.camberra-amba@diplomatie.gouv.fr


Bulletin de mars-avril 2021 dans le domaine de la biodiversité

Évènements proches

  • 14ème Symposium international sur les récifs coralliens
    Le 14e symposium international sur les récifs coralliens se tiendra cet été du 19 au 22 juillet 2021 en virtuel. Cette session proposera un aperçu des recherches les plus récentes sur les récifs coralliens sur plus de 15 thèmes (programme disponible ici).

Politique australienne - Les news

  • Deux nouveaux parcs marins pour les territoires australiens de l’Océan Indien
    Le gouvernement Morrison a annoncé que 5,4 millions de dollars seraient consacrés à la création de deux parcs marins autour de l’île Christmas et des îles Cocos (Keeling), couvrant 740 000 km² - une immense étendue d’océan presque aussi grande que l’État de Nouvelle-Galles du Sud. Une fois en place, il deviendra la deuxième plus grande zone protégée dans les eaux australiennes, derrière le parc marin de la mer de Corail (989 000 km2). Il permettra en autre de mieux cibler la pêche étrangère illégale, de soutenir la recherche scientifique, ainsi que l’économie des communautés insulaires.

Coopération scientifique France-Australie – Dernières avancées

La science en Australie – En direct des laboratoires

  • [Biodiversité marine] L’océan pacifique compterait un demi-trillion de coraux
    Pour la première fois, une étude un Centre d’excellence de Recherche sur les Coraux (ARC Centre of Excellence for Coral Reef Studies) à l’université de James Cook propose un décompte du nombre de coraux à travers l’Océan Pacifique, de l’Indonésie à la Polynésie Française. Les résultats sont cruciaux pour la recherche et la conservation des coraux, car ils soulèvent par exemple la question de l’impact de la restauration des coraux comme solution au changement climatique : il faudrait faire pousser environ 250 millions de coraux adultes pour augmenter de seulement 1% la couverture corallienne de la Grande Barrière de Corail.

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Carte montrant l’étendue spatiale de l’étude, et les endroits où les données sur la couverture corallienne (cercles bleus), l’abondance des espèces (triangles) et l’habitat récifal (cercles noirs) ont été collectées.

  • [Biodiversité aquatique] La science participative au service des grenouilles australiennes
    Plus de 300 000 enregistrements ont été soumis par des citoyens à travers l‘Australie à l’aide de l’application téléphonique FrogID de l’Australian Museum, créant ainsi l’une des plus grandes bases de données de ce type au monde.
    Les grenouilles sont des bio-indicateurs clés de la santé des écosystèmes. L’intérêt du public pour ces amphibiens permet aux chercheurs dirigés par Gracie Liu de l’Université de NSW de continuer à étudier la santé des espèces de grenouilles selon leurs aires de répartition, dont 40 des 243 connues en Australie sont menacées d’extinction.

Le saviez-vous ? En anglais le bruit de la grenouille est « Ribbit », mais « Coa » en français.

  • [Antarctique] L’expédition de recherche sur les stocks de krill dans l’océan austral s’achève avec des résultats inédits
    En collaboration avec le CSIRO, les scientifiques de la Division Antarctique Australienne (AAD), dirigés par le Dr So Kawaguchi, sont revenus à Hobart à bord du navire de recherche (RV) Investigator avec un nouvel éclairage sur les populations de krill. Trois caméras et des échosondeurs ont été ancrés sur une série de fonds marins différents, où ils enregistreront une vue tridimensionnelle du krill à des profondeurs allant jusqu’à 1500 mètres sur une année, y compris en hiver lorsque la surface sera recouverte de glace. Les résultats donneront un aperçu de la vie du krill jamais atteint auparavant, dans le but de transformer ces données en une estimation fiable de sa biomasse.
    La ministre de l’environnement Sussan Ley s’est félicitée de ces résultats qui contribueront à améliorer les politiques de gestion de la CCAMLR, et à fixer une limite de capture de précaution pour la pêche qui devrait se développer dans la région (« blue economy »), non exploitée depuis 1995.
    Pour plus d’informations sur l’expédition, rendez-vous sur le quatrième épisode de la série "Chroniques du krill de l’Antarctique oriental".
  • [Antarctique] L’écosystème de l’île subantarctique de Macquarie retrouve son équilibre
    En 2011, le gouvernement de Tasmanie et la Division Antarctique Australienne (AAD) ont mené le plus grand programme d’éradication multi-espèces jamais réalisé sur l’île isolée de Macquarie, ciblant les lapins, les rats noirs et les souris domestiques ayant eu près d’un siècle d’impact sur les oiseaux et la végétation indigène de l’île, en s’intégrant à la chaîne alimentaire. Une étude doctorale menée par le chercheur Toby Travers de l’IMAS révèle les implications qu’a aujourd’hui l’élimination de ces espèces nuisibles sur les espèces indigènes qui s’étaient adaptées pour s’en nourrir, ainsi que l’impact des empoisonnements secondaires.
    L’étude démontre l’intérêt d’associer aux projets d’éradication de solides programmes de surveillance, afin de s’assurer que les déclins des populations de prédateurs ou la récupération des populations de proies indigènes sont anticipées et quantifiées de manière adéquate, voir soutenues par des actions de gestion supplémentaires (programmes de reproduction ou le transfert de proies indigènes).

Dernière modification : 21/05/2021

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