Annonce des lauréats du Programme de recherche collaborative en sciences sociales Australie-France 2021 #ST41 [en]

Quatre équipes de chercheurs en sciences sociales d’Australie, de France et du Pacifique recevront un soutien pour des projets de recherche interdisciplinaires abordant des questions sociétales majeures, grâce à un financement de 20 000 dollars australiens de l’Ambassade de France et de l’Académie des sciences sociales en Australie.

Le Programme de recherche collaborative Australie-France en sciences sociales, qui a vu le jour il y a deux ans, vise à favoriser et à renforcer la collaboration en sciences sociales entre l’Australie et la France. A travers ce programme, l’Académie et l’Ambassade voient un intérêt particulier à soutenir les activités de recherche dans les îles du Pacifique, y compris dans les territoires français d’outre-mer.

Les quatre lauréats de cette année ont été sélectionnés parmi plus de 20 candidatures lors d’un processus compétitif. Ils exploreront des questions sociales allant des impacts socio-économiques de l’obésité dans le Pacifique à un projet de surveillance des moustiques basé sur la science citoyenne. Tous sont d’excellents exemples de l’étendue et de la profondeur des liens créés par les sciences sociales avec un large éventail d’institutions en France et en Australie.

L’Académie et l’Ambassade félicitent tous les lauréats du programme.

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Les quatre projets lauréats sont :

A travers la mer de corail : Australie et Nouvelle-Calédonie avant 1940

School of Global, Urban and Social Studies, RMIT University ; The University of New Caledonia ; divers historiens, musées et archives locaux.

Chef de projet : Dr Alexis Bergantz, Université RMIT

Ce projet étudiera l’histoire transcoloniale entre l’Australie et la Nouvelle-Calédonie des années 1850 à 1940. Ce n’est que vers la fin du XIXe siècle que les îles prennent progressivement une teinte plus résolument française. Mais la complexité des relations entre la colonie française, les colonies australiennes et les empires français et britanniques est brouillée par les histoires traditionnelles nationales. Ce projet initiera une étude des angles méconnus de cette histoire avant l’ouverture d’une représentation diplomatique officielle australienne.

Archéologie des communautés et communautés en archéologie : étude de la colonisation précoloniale des Kanaks et de la contribution autochtone sur les sites en Nouvelle-Calédonie

School of Social Sciences, University of Western Australia ; Institut d’archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique ; Direction de la culture, de la condition féminine et de la citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie

Chef de projet : Emilie Dotte-Sarout, Université d’Australie occidentale

En 1952, une équipe d’archéologues identifia et nomma le Complexe culturel Lapita comme site emblématique de la colonisation humaine du Pacifique occidental il y a 3000 ans. Les recherches actuelles du Dr Dotte-Sarout examinent la contribution cachée des femmes au cours de cette expédition. Ses recherches ont mis en évidence le rôle important joué par les « guides » ou les « travailleurs » autochtones, mais les détails sur leur identité, leurs activités, leur contexte local ou leur motivation à participer, font défaut jusqu’à présent. L’objectif de ce projet est de fournir des réponses aux communautés de Nouvelle-Calédonie sur les modes d’occupation précoloniaux, ainsi que des données et des analyses sur l’archéologie de la Nouvelle-Calédonie et l’histoire de l’archéologie du Pacifique.

Exploration des dimensions socio-économiques de l’épidémie d’obésité dans les îles du Pacifique. Données de Tuvalu.

INRAE (Institut national français de recherche sur l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) ; Département d’économie politique, Université de Sydney

Chef de projet : Dr Pierre Levasseur, INRAE

Les îles du Pacifique sont confrontées à des défis structurels en matière de sécurité alimentaire et la disponibilité accrue d’aliments pauvres en nutriments a augmenté la prévalence de l’obésité, des comorbidités chroniques connexes et de la mortalité, qui constituent les principaux problèmes de santé publique dans la région. Dans certaines îles ou archipels du Pacifique comme Tuvalu, la moitié de la population est considérée comme obèse et plus des deux tiers sont en surpoids. Ce projet vise à explorer les raisons pour lesquelles certains groupes sont capables de maintenir un poids normal alors que d’autres sont en surpoids et obèses dans l’archipel des Tuvalu. Plus précisément, le projet explorera les facteurs sociodémographiques, économiques et culturels qui mènent à des comportements alimentaires spécifiques et soutiendra une minorité de personnes contre la prise de poids dangereuse.

La science citoyenne pour une meilleure surveillance des moustiques porteurs d’arbovirus dans les régions insulaires du Pacifique où les ressources sont faibles

School of Population Health, UNSW Sydney ; Department of Entomology and Research, Solomon Islands National University ; Clinical and Health Sciences, University of South Australia ; Unité Dengue et Unité Arbovirus et Insectes Vecteurs, Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie

Chef de projet : Dr Adam Craig, UNSW Sydney

La région du Pacifique a été touchée par plusieurs épidémies explosives d’arbovirus au cours des dernières années. Le moustique responsable, le moustique du genre Aedes, est endémique dans de nombreuses îles du Pacifique et le risque de futures épidémies est élevé. La surveillance des moustiques est importante pour identifier, évaluer et réagir aux risques d’épidémie d’arbovirus, mais la capacité de mener une surveillance dans de nombreux pays du Pacifique est entravée par des contraintes logistiques, opérationnelles et de ressources.

Ce projet explorera la faisabilité d’un modèle de surveillance des moustiques fondé sur la participation communautaire et la science citoyenne dans un environnement insulaire du Pacifique, les îles Salomon. L’étude recrutera, formera et équipera les citoyens pour piéger, identifier et signaler auprès d’une autorité centrale, les données sur les moustiques piégés. Les résultats fourniront des renseignements sur le risque de transmission de maladies et permettront des activités d’intervention ciblées.

Dernière modification : 19/02/2021

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