L’Australie s’engage pour la protection des technologies critiques #ST51

Le gouvernement fédéral Australien a publié ce mois-ci sa Stratégie d’Engagement International pour le Cyber et les Technologies Critiques. Cette stratégie vise à promouvoir une utilisation sûre et démocratique des technologies critiques en Australie et dans le monde, et définir un cadre pour lutter contre les dérives et les menaces pouvant résulter d’une mauvaise utilisation de ces technologies.

On appelle technologies critiques les technologies émergentes ayant le potentiel de transformer significativement notre société en influençant la compétitivité économique, la sécurité nationale et internationale, la cohésion sociale et la gouvernance démocratique. Parmi elles, on peut par exemple citer :

  • Le cyberespace, espace numérique mondial soutenu par les infrastructures du réseau internet. Il permet la circulation rapide des données et de l’information, offrant ainsi des opportunités importantes de communication et d’innovation.
  • L’Intelligence Artificielle (IA) est un ensemble de systèmes dont le but est de créer des machines simulant l’intelligence humaine. L’IA a de nombreuses applications, telles que le fonctionnement d’organes bioniques, l’affichage de contenus personnalisés pour le commerce en ligne, ou encore la prédiction des feux de brousses.
  • L’Internet des Objets (IdO), qui décrit l’interconnexion entre objets, internet et environnement. Cette technologie laisse les objets ayant une identité numérique communiquer entre eux, sans intervention manuelle. L’IdO permet par exemple le déclanchement automatique de la lumière suivant la détection d’un mouvement dans une pièce par des capteurs.
  • L’informatique quantique, qui en utilisant des bits quantiques permettrait de réaliser certains calculs de manière beaucoup plus rapide que des ordinateurs classiques. Un ordinateur quantique serait en effet capable de mener plusieurs calculs en parallèle pour parvenir à une solution.
  • La biologie de synthèse, qui appartient au champ des biotechnologies, se base sur des principes d’ingénierie pour construire de nouveaux organismes vivants. En assemblant des « bio-briques » d’intérêts, c’est-à-dire des sections d’ADN codants pour des gènes spécifiques, dans des organismes tels que des bactéries, la biologie de synthèse permet de générer de nouveaux systèmes biologiques.

Les autorités australiennes soulignent que les risques d’une utilisation malveillante et anti-démocratique de ces nouvelles technologies sont nombreux, de la cybercriminalité à l’utilisation du cyberespace à des fins de désinformation, ou la surveillance de masse. Il apparaît dès lors primordial de définir un cadre légal et éthique ainsi qu’une gouvernance permettant de réguler l’utilisation des technologies critiques, tant par les industries que par les gouvernements.

Avec sa nouvelle stratégie, l’Australie entend se positionner comme un leader influent et de confiance de la diplomatie des technologies critiques. Pour y parvenir, le gouvernement fédéral souhaite faire travailler ensemble les industries, la recherche et la société civile afin de construire un cadre éthique autour de ces nouvelles technologies. Sa stratégie s’articule autour de trois piliers : le respect des valeurs humaines, la sécurité internationale, et la prospérité. La construction de nouveaux partenariats internationaux, ainsi que le renforcement de la coopération dans la région Indopacifique sont abordés comme une nécessité pour combattre la désinformation et autres utilisations malveillantes des technologies critiques. La promotion de la diversité et de l’égalité des genres dans la conception et l’utilisation de ces technologies ressort également comme un axe prioritaire de la stratégie australienne.

Ambassador's Introduction ICCTES from Simon McAllister on Vimeo.

Dr Tobias Feakin, Ambassadeur Australien pour les Affaires Cyber et les Technologies Critiques

L’Australie et la France ont ouvert la voie à cette nouvelle forme de diplomatie en nommant dès 2017 leur premier ambassadeur pour la Technologie et la Cyber Diplomatie. Des initiatives internationales ont depuis émergées, comme le Global Partnership on AI (GPAI) qui a pour but de faire respecter les valeurs démocratiques autour de l’utilisation de l’IA, et qui compte l’Australie et la France parmi ses membres fondateurs. La coopération internationale sera primordiale pour s’assurer d’une utilisation éthique des technologies critiques à l’échelle mondiale.

Vidéo de l’ambassadeur français pour la cyber-diplomatie et l’économie digitale :

Dernière modification : 04/05/2021

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