L’artiste française Coline Dupuis nous raconte sa résidence en Australie

Quand j’écrivis les lignes suivantes, ou plutôt le principal, je vivais dans le bush, en une maison que les époux Boyd ont mis à disposition des artistes, à Bundanon, en Nouvelle-Galles du Sud, où l’on m’offrit la chance de consacrer 6 semaines à nourrir mon regard de vidéaste.(*)

Pendant 6 semaines, j’ai donc eu la chance de m’établir dans l’un des studios qui composent le complexe dédié aux artistes en résidence, dans le cadre du programme FAR, French Artist in Residency 2018.

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Capture d’écran du film Bundanon, or Life in the Bush

Issue d’une formation littéraire et artistique (diplômée de la Villa Arson, à Nice), mon projet était de réaliser les portraits filmés des autres résidents, avec une condition un peu particulière : leur donner rendez-vous au lever du soleil, (ce qui, à cette période de l’année dans cette région de l’Australie, supposait d’être frais et dispos à 5h45 am).

Les résidents de Bundanon y séjournent en général entre quelques jours et 1 à 2 semaines. A plusieurs reprises, j’ai donc été « celle qui reste ». J’y ai côtoyé des artistes de tous horizons : écrivains, danseurs, performeurs, sculpteurs... La plupart d’entre eux s’est prêtée au jeu, acceptant même parfois de recommencer l’expérience d’un « Early Morning Portrait » quand la météo n’était pas au rendez-vous.

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Capture d’écran de la vidéo Heroic Mornings, Tous les matins sont héroïques

Le corps au travail, la singularité d’une expérience au service de la création, la possibilité d’un échange privilégié, tout ce qui compose l’essence de mon travail de vidéaste était sous mes yeux, en permanence, dans un endroit-refuge où les préoccupations quotidiennes n’avaient, le temps d’une résidence, presque plus d’impact. Dans le luxe inestimable de disposer d’un espace et d’un temps à soi.

Il m’a fallu trouver des moyens de m’adapter à cet espace et à ce temps ; le bush abrite des espèces mortelles : araignées, serpents ; j’étais la seule jeune femme française, pas spécialement téméraire, parachutée dans un environnement totalement nouveau, coupé du monde extérieur, dans lequel il faut évoluer avec ces paramètres en tête, et trouver pour ma part une manière de séparer les peurs rationnelles et irrationnelles, apprendre des résidents et des locaux.

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Photographie, série Night Out, 1/10

Cette résidence m’a permis de réaliser un court métrage : Bundanon, or Life in the Bush,(24minutes) composé d’une suite de poèmes titrés qui rendent compte de mes rencontres et découvertes : The Camel Lady , The Alchemic Dancer, Night Out … en sont les 3 premiers.

J’ai réalisé en parallèle une forme plus onirique et ramassée : Heroic Mornings/ Tous les matins sont héroïques, une vidéo d’un peu plus de 3 minutes, qui présente sous un jour intimiste et non dialogué l’éveil- et la mise au travail d’une écrivaine, d’un groupe de danseurs et d’une chanteuse, au rythme du lever du soleil, ainsi que des photographies.

Coline Dupuis

Dernière modification : 15/01/2019

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