L’enquête du sénat australien sur les opportunités de renforcement de la relation entre l’Australie et la République de France [en]

Quelles sont les priorités stratégiques dans les domaines de la coopération stratégique multilatérale, et du partage culturel et scientifique pour les relations France-Australie ?

Le sénat australien a mené une enquête sur les opportunités de renforcement de la relation entre l’Australie et la République de France, dans les domaines du commerce, de la sécurité et défense, de la coopération stratégique multilatérale, et du partage culturel et scientifique. Ce rapport rappelle tout d’abord que cette relation entre nos deux pays est très dynamique depuis plusieurs années, avec un certain nombre de documents stratégiques de partenariat mis en place, définissant des champs d’intérêt commun pour la coopération bilatérale.

Les premiers chapitres de ce rapport sont consacrés aux opportunités commerciales, au renforcement de la coopération politique, de défense, et de sécurité, et aux organisations intergouvernementales hébergées par la France.

Le rapport s’intéresse aussi aux organisations intergouvernementales hébergées en France, telles que l’OCDE ou l’UNESCO, qui ont une influence sur les politiques culturelles, d’éducation et de recherche, sur la gestion des risques environnementaux, sur les nouvelles technologies ou sur les politiques énergétiques. L’Australie s’intéresse aux opportunités d’accès aux données sur ces politiques selon les pays, afin de nourrir sa propre stratégie, mais aussi aux opportunités de promotion de l’expertise et du point de vue australiens.

Enfin, le rapport du comité a étudié l’histoire et la culture partagées entre la France et l’Australie, ainsi que leurs relations concernant le tourisme, l’éducation et la recherche. Les initiatives d’échanges artistiques, culturels, de même que le tourisme participent à une meilleure compréhension les uns des autres, et des nombreux programmes viennent encourager ces initiatives. Des liens particulièrement forts se forment entre l’état d’Australie du Sud et la Bretagne, dans les domaines liés au programme des sous-marins, et de nombreuses opportunités de collaborations se dessinent dans la région Pacifique autour des arts, cultures et sciences sociales aborigènes et kanaks, mais aussi de la gestion des récifs coralliens, de l’environnement ou du climat.

Les collaborations franco-australiennes sur l’éducation et la recherche sont soutenues par la déclaration conjointe de partenariat stratégique rehaussé (2017) qui encourage échanges, collaborations et création de réseaux scientifiques.

Le rapport souligne les opportunités de renforcer les liens industries-académie, avec les exemples du programme Nicolas Baudin actif depuis quelques années, et qui propose des stages en partenariat avec des organismes de recherche français, des universités australiennes, et un partenaire industriel, et de l’international Research Laboratory CROSSING, laboratoire du CNRS implanté en Australie, qui met en place des curriculums conjoints et des collaborations en partenariat avec des universités australiennes, et Naval Group. Le modèle français des thèses CIFRE pourrait également être exporté en Australie afin de renforcer ces liens industrie-académie.

Côté recherche, la relation franco-australienne est très dynamique, en particulier dans les domaines de l’énergie, la santé, l’espace, l’agriculture, et l’environnement, notamment la biodiversité marine. Cette relation est soutenue par les nombreux accords et MoU existants entre organismes de recherche français et australiens, mais aussi par le programme FASIC, qui aide à l’initiation et au renforcement des collaborations. Des financements spécifiques australiens pourraient être mise en place pour favoriser les collaborations et les échanges avec la France, notamment avec les territoires français du Pacifique, ou avec l’Europe, par le co-financement de programmes européens. Les structures de recherche conjointes sont également un outil crucial des collaborations scientifiques. De telles structures ont été mises en place en Australie avec le CNRS, l’INSERM, et en France avec le CSIRO.

Les recommandations politiques, de défense et de sécurité du rapport du sénat sont tournées vers une meilleure coopération régionale à la fois dans le Pacifique, dans l’Océan Indien et dans l’Océan Austral. Concernant les recommandations sur le plan économique, le dialogue doit se poursuivre notamment sur l’industrie spatiale, les minéraux critiques, l’industrie minière et la transition énergétique, mais aussi sur les technologies financières. Enfin, les recommandations relatives à l’éducation et la recherche proposent de soutenir les échanges étudiants entre la France et l’Australie dans les domaines d’intérêt commun, ainsi que les thèses industrielles en cotutelle avec des entreprises françaises.

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Dernière modification : 30/09/2020

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