La recherche en Antarctique #ST6 [en]

La France et l’Australie travaillent étroitement ensemble pour construire leurs programmes de recherche en Antarctique. Découvrez le plan stratégique australien à 10 ans pour la science en Antarctique.

L’Australie et la France sont les deux acteurs à l’initiative du traité de l’Antarctique. Ce traité établit que seules les activités pacifiques sont autorisées en Antarctique que les observations et résultats des recherches scientifiques menées dans la région seront échangés et rendus librement disponibles. Les deux pays partagent depuis longtemps un intérêt diplomatique et un rôle de leaderships dans la région en particulier à travers leurs programmes scientifiques. L’Australie soutient le développement d’une recherche d’excellence, mais aussi de ses équipements et infrastructures, qui lui permettent d’affirmer son rôle de partenaire scientifique et logistique incontournable auprès des différents acteurs. Le pays bénéficie de plus d’une position stratégique qui fait de lui une passerelle idéale vers la région Est de l’Antarctique. Cet intérêt pour l’Antarctique est partagé par la France qui y a déployé deux stations de recherche, la station Dumont d’Urville en Terre Adélie, et la station franco-italienne Concordia au cœur du continent.
Les organismes qui mettent en œuvre les programmes de recherche en Antarctique, (l’Australian Antarctic Division, le CSIRO, l’université de Tasmanie, l’Institut Paul-Emile Victor,…) entretiennent des liens de collaboration étroits depuis de nombreuses années. La construction opérationnelle et logistique d’un programme de recherche en Antarctique implique l’utilisation d’un navire brise-glace et des capacités de ravitaillement et d’équipement aéroportés, en plus du personnelscientifique. La collaboration est ainsi une composante importante de ces programmes puisqu’elle permet une mise en commun des moyens et des capacités logistiques. Les thématiques principales de cette collaboration franco-australienne en Antarctique sont l’étude du climat et celle de la faune et la flore marine.

Plan stratégique décennal pour la science en Antarctique

Le 26 avril 2020, le Conseil australien des sciences antarctiques (Australian Antarctic Science Council, composé de scientifiques et de représentants des principales agences participant au programme des sciences antarctiques, notamment la Division Antarctique Australienne (AAD), l’Académie Australienne des Sciences, la CSIRO et Geoscience Australia), dévoile son plan stratégique décennal pour la science en Antarctique. Ce plan a pour but de guider les futurs programmes scientifiques afin de remplir les objectifs de recherche fixés par le plan d’action à 20 ans publié en 2016.
A travers ce plan, l’Australie a l’ambition de mener une recherche d’excellence ayant un impact bénéfique à l’échelle mondiale, en Antarctique, et dans l’océan Austral. L’étude du climat à partir d’échantillons de glaces datant d’un million d’années, et l’étude du krill de l’Antarctique, sont les axes de recherche clés annoncés. Cependant de nombreux domaines seront explorés, autour de quatre axes :

1. La protection et la gestion de l’environnement
Un suivi et de la recherche ciblé pour une meilleure gestion de l’Antarctique et de l’océan Austral : Impacts du changement climatique, Conservation et gestion des écosystèmes, Protection des zones de valeurs naturelles, Gestion de la pêche, Surveillance et évaluation de l’environnement, Réhabilitation/restauration de l’environnement.

2. Glaces, océans, atmosphère et systèmes terrestres
Comprendre le rôle de l’Antarctique et de l’océan Austral sur l’Australie et le reste du monde : Science climatique des hautes latitudes, Rôle de la calotte glaciaire de l’Antarctique oriental dans l’élévation globale du niveau de la mer, Interprétation des données climatiques passées pour une meilleure compréhension du climat à venir, Circulation, chaleur et acidification de l’océan Austral, Cartographie géophysique, Atmosphère et météorologie, Atténuation du changement climatique.

3. Présence et activités humaines en Antarctique.
Apporter des conseils pratiques afin d’aborder des questions de société : Médecine polaire et biologie humaine, Sciences sociales - politique et droit, Suivi de la pollution, Espace et astronomie, Impact des activités humaines, Biosécurités.

Le plan stratégique décennal souligne également l’importance de l’intégration numérique, la collecte et l’analyse des données ainsi que de leur libre accès. L’intégration numérique est une composante transversale à tous les autres domaines de recherche :

4. Intégration numérique
Accompagner les domaines ci-dessus dans la collecte et l’analyse des données conformément aux principes FAIR (Findable, Accessible, Inter-operable, Reusable - Trouvable, Accessible, Interopérable, Réutilisable) : Technologies innovantes, Systèmes à distance, Modèles numériques de l’Antarctique, Intégration de plate-forme SIG (système d’information géographique), Transmission de données, Analyse statistique et de données.

Le plan souligne plusieurs moyens d’action qui permettront de mettre en place les différents projets de recherche :

  • L’appui sur les données et les échantillons existant pour compléter et étayer les programmes sur le terrain.
  • Le transfert des activités vers les nouveaux moyens logistiques tels que le brise-glace Nuyina récemment construit, les véhicules de transport terrestre longue-distances, et la station de recherche reconstruite sur l’île de Macquarie.
  • La collaboration avec les nombreux acteurs (académiques, industriels, et responsables politiques) de la science en antarctiques, australiens comme internationaux.
  • Encourager la recherche intégrée et multidisciplinaire par la création d’une plateforme digitale d’intégration des données.

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Dernière modification : 08/07/2020

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