Les lauréats 2020 du programme Franco-Australien de recherche collaborative en Sciences Sociales [en]

Le programme Franco-Australien de recherche collaborative en Sciences Sociales soutient en particulier les activités de recherche conduites par de jeunes chercheurs, celles relatives aux Iles du Pacifique, ainsi que celles ayant un potentiel pour développer des alliances stratégiques entre la France et l’Australie.

Cette année, le programme a offert 24 898 dollars australiens (15 360 euros) sous forme de bourses de recherche pour soutenir des initiatives s’attaquant à des enjeux sociaux majeurs pour la France et l’Australie. Cinq projets lauréats ont été sélectionnés par un comité d’experts parmi plus de cinquante candidatures, démontrant l’excellence et le dynamisme des collaborations franco-australiennes.

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  • Changements environnementaux et patrimoine dans les îles Fidjiennes (Centre de recherche en archéologie, archéoscience et histoire – Université de la Sunshine Coast - Musée de Fiji. Chef de projet : Professor Rita Compatangelo-Soussignan) :
    Ce projet vise à mener une étude multidisciplinaire des collines fortifiées préhistoriques (antérieures à la colonisation européenne) des îles fidjiennes, en tenant compte de l’interaction entre les facteurs socio-économiques et l’évolution des conditions climatiques et environnementales. Le schéma des déplacements des installations retrouvées dans les zones intérieures des collines sera étudié en relation avec les conditions climatiques et environnementales, à l’aide de photos aériennes, de détection à distance LiDAR, ainsi que de la collection des anciennes histoires transmises oralement au sein des communautés locales.
  • Les voyageurs Maohi en France et en Australie entre 1760 et 1860 (Département d’Histoire Moderne de l’université de Polynésie Française – Département d’histoire Moderne, de Politique et de Relations Internationales de l’Université de Macquarie. Chef de projet : Associate Professor Kate Fullagar) :
    Ce projet étudiera les voyageurs Maohi (habitants des îles tahitiennes) de la fin des années 1700 afin d’en faire ressortir la perspective indigène. L’étude vise à collecter et analyser pour la première fois un registre des migrations Maohi, pour mieux comprendre les liens qu’ils ont créé entre différentes parties du monde, y-compris entre la France et l’Australie, et pour évaluer les connections empire-indigènes. Une série d’activités (conférences publiques, ateliers pour les chercheurs sur l’histoire des habitants des îles sous l’empire entre 1760 et 1860, classes dédiées aux étudiants diplômés, et recherches dans les musées des îles Taputapuatea Marae et de Tahiti) devraient conduire au développement d’une collaboration plus structurée.
  • Les connaissances indigènes et les représentations totémiques des chauves-souris roussettes de la Péninsule du Cap York (CNRS/Collège de France – Ecole de la Population et de la Santé mondiale de l’Université de Melbourne. Chef de projet : Dr Arnaud Morvan) :
    Les chauves-souris sont cruciales pour l’écosystème (pollinisation, pollinisation croisée, dispersion des graines, régulation des populations d’insectes), mais elles sont aussi des réservoirs de virus importants (Ebola, Hendra, Lyssavirus). Ce projet étudiera et analysera les connaissances écologiques, médicales et culturelles sur les chauves-souris locales des indigènes australiens de la région d’Aurukun. Leurs pratiques traditionnelles (telles que l’utilisation médicale des chauves-souris, leurs représentations totémiques…) devrait aider à mieux comprendre la distribution de substances et de pathogènes entre espèces animales, humains compris, et à renseigner les réglementations pour la préservation des espèces de chauves-souris et pour la gestion des risques mondiaux de zoonoses (maladies transmises entre animaux vertébrés).
  • Répercussions passées et futures de l’aquaculture sur les collectivités indigènes de la Nouvelle-Calédonie (Université de Bretagne Occidentale – Université de Technologie de Sydney. Chef de projet : Dr Marianna Cavallo) :
    La Nouvelle-Calédonie est le théâtre de conflits entre pêche traditionnelle et développement de l’aquaculture. Ce projet vise à identifier et analyser les acteurs et le développement du secteur de la pêche côtière et de l’aquaculture, et notamment la participation des communautés indigènes, les Kanaks, afin d’évaluer son impact sur les valeurs culturelles et l’organisation sociale. À la lumière des informations recueillies dans la littérature scientifique, les rapports nationaux et régionaux, des enquêtes et des entretiens, certaines recommandations seront proposées pour améliorer l’équité sociale et l’inclusion dans la gestion de la pêche côtière et de l’aquaculture.
  • Bagnards et condamnés : préserver le patrimoine pénal en Nouvelle-Calédonie et en Australie (Chef de projet : Dr Briony Nielson de l’Université de Sydney en consultation avec de nombreux historiens en Nouvelle Calédonie et en France) :
    Les objectifs de ce projet sont d’étudier les stratégies de préservation de l’histoire du peuplement par des condamnés en Nouvelle-Calédonie ; de suivre l’importance de ce passé pénal pour la société ; et d’examiner comment ce patrimoine façonne les relations de la Nouvelle-Calédonie avec la métropole française et avec l’Australie, en particulier dans le contexte des campagnes de décolonisation de la Nouvelle-Calédonie. La recherche consistera à recueillir et analyser des informations provenant de musées et de sites historiques, à mener des entretiens avec les groupes de gestion du patrimoine, les communautés de chercheurs et des représentants de musées, afin de comprendre l’impact de l’histoire de la population de condamnés en Nouvelle-Calédonie.

Ces initiatives établissent des relations transdisciplinaires entre différentes communautés scientifiques dans des domaines d’importance stratégique pour la France et l’Australie, comme l’adaptation au changement climatique, la gestion des ressources, la biosécurité et la préservation de la biodiversité, ou les relations internationales. Le nombre et la diversité des projets présentés lors de cette première campagne illustrent l’ampleur et la profondeur des liens avec les sciences sociales de tous les domaines scientifiques, ainsi que l’engagement des chercheurs d’un grand nombre d’institutions dans des collaborations entre nos deux pays.

Dernière modification : 18/02/2020

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