Position des autorités françaises sur la situation en Syrie - 16 avril 2018

Une compilation actualisée des positions exprimées par les autorités françaises sur la situation en Syrie.

Sources :
Communiqué de presse du Président de la République (le 14 avril à 3h25)
Déclaration conjointe du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et de la Ministre des Armées (le 14 avril à 7h)
Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur BFM TV (le 14 avril à 11h)
Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères au JT de TF1 (le 14 avril à 20h)
Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères dans le JDD (le 15 avril)
Interview du Président de la République sur BFM TV (le 15 avril)
Conférence de presse conjointe du président de la République avec la Premier ministre néo-zélandaise (le 16 avril)

I. L’attaque chimique sur Douma et l’établissement des faits

Communiqué de la Présidence : « Le samedi 7 avril 2018, à Douma, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants ont été massacrés à l’arme chimique, en totale violation du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. »

Déclaration conjointe du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et de la Ministre des Armées : déclaration de M. Jean-Yves Le Drian : « Le Président de la République a constaté que l’utilisation de l’arme chimique dans la ville de Douma, près de Damas, le 7 avril, au cours d’une offensive des forces du régime de Bachar al Assad, était à la fois avérée et imputable au régime syrien. Cette attaque chimique a fait plusieurs dizaines de victimes, au moins 45 d’après des sources médicales convergentes présentes sur place, et des centaines de blessés. La ligne rouge fixée par le Président de la République dès mai 2017 a donc été franchie."

Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur BFM TV :
« Nous avons publié un document depuis ce matin qui est en ligne sur le site du Quai d’Orsay, qui permet à chacun de se rendre compte des éléments d’information que nous avons. La réalité, c’est qu’à un moment donné, après l’attaque chimique du samedi 7, il y a maintenant une semaine, il y a eu des commentateurs qui ont même nié le fait qu’il y ait une attaque chimique. »

[Sur les doutes exprimés par certains commentateurs sur le caractère chimique de l’attaque] : « [nous avons] des messages, des témoignages, des photos, des vidéos en nombre d’acteurs du terrain qui montraient après analyse qu’il s’agissait bien d’une action chimique […] nous avons fait travailler et nos services et nos laboratoires sur l’ensemble de ces photos. Il n’y a pas de doute sur le sujet, il y a bien eu une attaque chimique. Et en plus de ça, nous avons les témoignages très importants des organisations non gouvernementales, médicales qui, depuis plusieurs années […] travaillent dans les hôpitaux, travaillent à soigner les gens et qui eux-mêmes nous envoyaient des messages et des témoignages accablants. Nous avons par ailleurs des renseignements fiables qui montrent que ce sont les forces armées syriennes qui ont managé l’opération. C’était d’une certaine manière en cohérence avec l’action que menaient les forces armées syriennes contre une partie des rebelles de la Ghouta Est qui ne voulait pas se rendre. Toutes les analyses ne sont pas achevées sur les échantillons, mais tout ce que je peux dire aujourd’hui c’est que l’analyse que nous allons mener permettra d’identifier l’ensemble des gaz qui ont été utilisés. Il y a du chlore, c’est certain, sans doute aussi d’autres éléments puisque les analyses qui ont été à faites par nos laboratoires montrent que les symptômes identifiés peuvent faire apparaître d’autres gaz que du chlore. »
[Sur le fait que les frappes soient intervenues avant que les enquêteurs de l’OIAC arrivent dans la Ghouta] : « Vous savez, sur les vérifications, il faut constater que ça vient bien tard, puisqu’antérieurement il y avait un dispositif, un mécanisme qui avait été conclu entre les Nations unies et l’Organisation d’interdiction des armes chimiques, l’OIAC. Cet organisme, ce mécanisme de vérification était chargé de déterminer l’attribution des initiatives d’action de combat chimique, si elles étaient avérées […] Et cet organisme marchait tellement bien, ces inspecteurs fonctionnaient tellement bien que la Russie s’est opposée à la reconduction de ses missions. […] 3 jours après l’attaque chimique, c’est-à-dire mardi, au Conseil de sécurité nous avions proposé la reconduction de ce mécanisme […] Et la Russie s’est aussi opposée, a mis son droit de veto pour cette opération. Donc cette mission vient bien tardivement, il faut qu’elle fasse son travail, mais si on voulait vraiment la vérité il fallait bien maintenir les outils qui étaient concertés et convenus entre les Nations unies et l’OIAC, ce que la Russie a toujours refusé. »

Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères lors du JT de TF1 :
[Sur l’attaque chimique comme étant un fait avéré] « Il y a eu des attaques chimiques qui ont été constatées samedi dernier, il y a une semaine ; nous avons pu avoir toute une série d’informations à partir de photos, de vidéos, de témoignages sur les sites, sur les réseaux sociaux, qui se sont multipliés à partir des attaques chimiques… nous avons pu vérifier, à partir des analyses qu’ont faites les services français, à partir des informations que nous avons eues des laboratoires, à partir des informations que nous avons eues des ONG médicales que nous connaissons bien, qui travaillent dans cette partie de la Syrie depuis plusieurs années, qu’il s’agissait bien de gaz… de gaz, du chlore, sans doute aussi d’autres gaz… qui ont abouti à ce qu’il y ait 45 morts »

[Sur l’implication du régime de Bachar Al-Assad] : « c’est dans l’attaque que menaient les forces armées syrienne contre la Ghouta Est que ces attaques chimiques se sont produites, au moment où il y avait de la résistance et que Bachar EL-ASSAD a voulu éliminer plus rapidement avec des moyens qu’il avait déjà utilisés (parce que c’est un habitué de l’arme chimique, rappelez-vous Alep, rappelez-vous 2013 puisqu’on en parlait tout à l’heure, rappelez-vous aussi les événements de 2017) »

Interview du Président de la République sur BFM TV
« Nous avons, en effet, obtenu par nos services et les services de nos alliés des preuves que du chlore, des armes chimiques avaient été utilisés. Nous avons ensuite obtenu la preuve que ces armes pouvaient être attribuées, que l’utilisation du chlore - parce que c’est cela dont il s’agissait - pouvait être attribuée au régime syrien. »

II. Les raisons des frappes (discussions bloquées à l’ONU, franchissement de la ligne rouge, violation droit international)

Communiqué de la Présidence :
« La ligne rouge fixée par la France en mai 2017 a été franchie.
Nous ne pouvons pas tolérer la banalisation de l’emploi d’armes chimiques, qui est un danger immédiat pour le peuple syrien et pour notre sécurité collective. C’est le sens des initiatives constamment portées par la France au Conseil de Sécurité des Nations unies. »

Déclaration conjointe du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et de la Ministre des Armées : déclaration de M. Jean-Yves Le Drian
« Le Président de la République a constaté que l’utilisation de l’arme chimique dans la ville de Douma, près de Damas, le 7 avril, au cours d’une offensive des forces du régime de Bachar al Assad, était à la fois avérée et imputable au régime syrien. Cette attaque chimique a fait plusieurs dizaines de victimes, au moins 45 d’après des sources médicales convergentes présentes sur place, et des centaines de blessés. La ligne rouge fixée par le Président de la République dès mai 2017 a donc été franchie.
Nous avions dit qu’une telle transgression ne nous laisserait pas sans réaction. Nous avons pris acte du blocage systématique du Conseil de sécurité. Nous avons donc agi conformément à notre parole et à notre responsabilité, en coordination avec nos Alliés. Le Président de la République a constaté que l’utilisation de l’arme chimique dans la ville de Douma, près de Damas, le 7 avril, au cours d’une offensive des forces du régime de Bachar al Assad, était à la fois avérée et imputable au régime syrien. Cette attaque chimique a fait plusieurs dizaines de victimes, au moins 45 d’après des sources médicales convergentes présentes sur place, et des centaines de blessés. La ligne rouge fixée par le Président de la République dès mai 2017 a donc été franchie. Nous avions dit qu’une telle transgression ne nous laisserait pas sans réaction. Nous avons pris acte du blocage systématique du Conseil de sécurité. Nous avons donc agi conformément à notre parole et à notre responsabilité, en coordination avec nos Alliés. Le régime d’Assad a choisi délibérément de briser le tabou que représente, depuis le début du XXème siècle, l’emploi des armes chimiques. Depuis sept ans, il n’a cessé d’enfreindre les normes internationales, dans le mépris le plus complet du droit de la guerre et de la simple humanité.
L’escalade chimique en Syrie n’est pas acceptable.
Elle n’est pas acceptable parce ce que l’utilisation des armes chimiques constitue la violation d’une norme fondamentale du droit international et du droit humanitaire.
L’emploi de ces armes de terreur transgresse des conventions parmi les plus anciennes : le Protocole de 1925 qui prohibe l’usage à la guerre des armes chimiques. Il viole la Convention internationale d’interdiction des armes chimiques signée à Paris en 1993, à laquelle Damas a adhéré en 2013. La fabrication et l’utilisation de ces armes représentent une menace pour la paix et la sécurité internationale. Ceux qui y contreviennent se placent d’eux-mêmes au banc des nations. L’escalade chimique n’est pas acceptable parce que le régime syrien avait pris l’engagement de démanteler intégralement son arsenal.
En septembre 2013, le conseil de sécurité avait pris acte de cet engagement et décidé par sa résolution 2118 que la Syrie devait s’y tenir, sous peine d’encourir des mesures relevant du chapitre VII de la Charte des Nations unies. Le chapitre VII a un sens clair : c’est le recours à des mesures militaires pour contraindre ceux qui menacent la paix et la sécurité internationale.
L’escalade chimique en Syrie n’est pas acceptable, parce que, depuis les déclarations du Président de la République, chacun était prévenu des conséquences d’une violation des engagements pris par le régime syrien devant la communauté internationale. Le régime de Bachar al-Assad savait à quoi il s’exposait en employant une nouvelle fois ces armes odieuses contre son peuple, en choisissant à nouveau délibérément de fouler aux pieds le droit international. »

Interview du Ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur BFM TV
« Le but de cette opération, c’était de détruire les outils chimiques clandestins du régime de Bachar El ASSAD. Et à cet égard oui, l’objectif a été atteint. Le but aussi, c’est de montrer à Bachar El ASSAD que lorsqu’on franchit la ligne rouge, il y a des conséquences immédiates. Le but c’était aussi d’éviter que Bachar El ASSAD ne recommence à utiliser l’arme chimique contre son peuple.
Le but a été atteint, il faut maintenant que Bachar El ASSAD en tienne compte, ses alliés aussi, et qui montre que sur la question de l’arme chimique il y a une ligne rouge qu’il ne faut pas franchir. Et si d’aventure elle était refranchie, il y aura une autre intervention, mais je pense que la leçon sera comprise. ../.. C’est la ligne rouge qui a été franchie, vous savez la ligne rouge, elle a été définie par le président de la République en mai 2017, très peu de temps après son arrivée. Elle a même été définie à Versailles, elle a même été définie devant monsieur POUTINE, donc les objectifs étaient clairs et les frontières à ne pas dépasser aussi. Et là, l’ensemble des éléments que nous avons eus en notre possession nous a fait dire qu’elle était franchie parce qu’il y avait eu des morts, parce que c’est une attaque extrêmement forte et parce que le fait que ce soit attribué aux forces armées syriennes nous paraissait tout à fait évident. Il y a aujourd’hui des résolutions du Conseil de sécurité qui ont été adoptées à l’unanimité. Il y a une résolution du Conseil de sécurité pour le règlement politique de la crise syrienne, c’est la résolution 22.54 votée à l’unanimité, il faut l’appliquer. Il y a une résolution du Conseil de sécurité sur l’humanitaire, pour avoir un cessez-le-feu et pour permettent à chaque partie des combattants syriens de bénéficier d’un soutien, mais surtout de faire en sorte que les populations civiles ne soient pas dans cette détresse. Cette résolution a été votée à l’unanimité, y compris la Russie, elle n’est pas appliquée, appliquons-la. Il y a une résolution qui a été adoptée en octobre 2013 concernant l’arme chimique et le gouvernement de Bachar El ASSAD, demandant à la Syrie de détruire ses capacités chimiques. La Russie l’a votée, il faut l’appliquer. Et nous avons aujourd’hui au sein du Conseil de sécurité 3 résolutions votées à l’unanimité qu’il faut appliquer, pour permettre à cette religion, à ce pays d’avoir un peu de renouvellement, de sérénité. »

Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères lors du JT de TF1
« A de nombreuses reprises, le gouvernement de Bachar EL-ASSAD, les forces armées syriennes ont utilisé l’arme chimique ; elle est banalisée pour eux. Il fallait mettre un coup d’arrêt. »
[Sur la ligne rouge évoquée par le Président] « Les éléments étaient réunis pour intervenir et pour montrer que lorsque le président MACRON prenait des engagements, il les respectait, il les tenait. »
« [l’arme chimique] est bannie de l’humanité depuis la fin de la Première guerre mondiale - il y a des traités qui se sont succédé qui regroupent quasiment la totalité de la communauté internationale et que Bachar viole, transgresse, régulièrement - j’espère que ses alliés seront à même de lui faire comprendre que ça suffit et qu’il ne faut plus utiliser cette arme si on veut rester un moment encore chef d’un gouvernement qui est quand même largement contesté ».

Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères dans le JDD
« Quant à la Russie, je rappelle ici ce que Vladimir Poutine avait dit dès le lendemain de son entretien avec Emmanuel Macron à Versailles en mai 2017 lorsque ce dernier avait défini nos lignes rouges : "Je suis d’accord [,] contre toute force ayant utilisé les armes chimiques, il faut que la communauté internationale établisse une politique commune et donne une réponse qui rendrait l’utilisation d’armes chimiques impossible, tout simplement." Ce sont là les mots de Vladimir Poutine ». « En 2017 à Khan Cheikhoun, les Russes ont nié qu’il y ait eu usage d’armes chimiques par le régime syrien. À l’époque, le mécanisme de vérification et d’attribution des attaques chimiques qui avait été mis en place par le Conseil de sécurité de l’ONU avait déjà identifié la responsabilité du régime. Ce n’est donc pas un hasard si la Russie a voté contre le renouvellement de ce mécanisme à l’automne dernier. Et lorsque nous avons proposé, cette semaine, la mise en place d’un mécanisme comparable, il y a eu au Conseil 12 voix pour et un veto, celui de la Russie ».

Interview du Président de la République sur BFM TV
« En Syrie, nous menons une guerre contre Daech, c’est-à-dire contre les groupes terroristes islamistes qui ont, je le rappelle, attaqué notre pays puisque c’est à Raqqa que les attentats de novembre 2015 ont été organisés.
Nous le faisons dans le cadre d’une coalition internationale. C’est notre priorité, cela reste notre unique engagement militaire en Syrie.
Nous avons ensuite une action diplomatique que nous menons depuis le début de ce conflit pour veiller à ce que le droit international humanitaire soit respecté.
Le régime de Bachar al-Assad, lui, a un ennemi qui est son peuple et se bat contre ses propres rebelles. J’ai constamment dit depuis que je suis président de la République que nous ne pourrions pas laisser tout et n’importe quoi se faire. Le régime de Bachar al-Assad lui-même a déclaré en septembre 2013 se conformer au droit international. Et une résolution des Nations unies a été prise qui prévoit l’interdiction des armes chimiques. »
« Donc, ce que je veux vous dire très précisément, c’est qu’il y a une résolution dite 2118 de septembre 2013 qui rappelle, ce que les traités internationaux par ailleurs ont construits, l’interdiction d’utilisation d’armes chimiques, qui prévoit d’ailleurs l’usage de la force si elle n’était pas respectée. Il y a ensuite eu un blocage constant des Russes pour qu’elle soit appliquée. Les Russes ont, en novembre 2017, bloqué le mécanisme d’attribution de l’Organisation internationale de lutte contre les armes chimiques, ne permettant plus à la communauté internationale de s’organiser. Ils l’ont « impuissanté » (…) Mais ils ont construit méthodiquement l’incapacité de la communauté internationale, par la voie diplomatique, à empêcher l’utilisation d’armes chimiques. »
« La France, par son action diplomatique, a réussi à faire voter une résolution il y a quelques semaines de cela, qui prévoyait une trêve, là aussi pour des raisons humanitaires en particulier dans la Ghouta. Nous avons, par ce biais, un peu amélioré les choses. Pas suffisamment, et les ONG nous l’ont suffisamment reprochés : on a permis que, quelques heures par jour, il y ait des cessez-le-feu et des actions humanitaires.
La Russie, qui avait signé cette résolution, n’a pas respectée celle-ci puisque, le jour même de l’utilisation du chlore et la veille, leurs avions ont continué à survoler la zone. Ce que je veux vous faire comprendre, c’est que nous avons la pleine légitimité internationale pour intervenir dans ce cadre. Parce que, si nous voulons que la communauté internationale soit respectée en dernier ressort, vous avez trois membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies qui sont intervenus. »
« La France est le pays qui, durant ces derniers mois, a été le plus actif sur le plan diplomatique et humanitaire, le plus actif. Regardez toutes les démarches sur le plan onusien comme ailleurs. Nous étions arrivés à un moment où cette frappe était indispensable pour pouvoir redonner de la crédibilité à la parole de notre communauté. » « Lorsque vous définissez des lignes rouges, qu’ils viennent les tester et que rien n’est fait pour les respecter, leur discours est clair et leur propagande l’est tout autant. Ils disent que : « ces gens de la communauté internationale, ils sont bien gentils mais ce sont des faibles. Moi j’avance, je vous protège, j’enfreins toutes les règles mais j’avance. » Il a compris que ce n’était plus le cas. »
« C’est un acte de représailles, légitime dans le cadre international, parce qu’il y a eu des comportements réitérés et prouvés, en infraction avec le droit international. Donc des représailles et pas un acte de guerre. »

III. Le déroulement des opérations (coordination avec les partenaires, caractère ciblé et circonscrit des frappes) et le refus de l’escalade

III. 1 Intervention coordonnée avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni

Communiqué de la Présidence
« J’ai donc ordonné aux forces armées françaises d’intervenir cette nuit, dans le cadre d’une opération internationale menée en coalition avec les Etats-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni et dirigée contre l’arsenal chimique clandestin du régime syrien ».

Interview du Ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur BFM TV
« Nous avons décidé nous-mêmes de nos lignes rouges, c’est le président MACRON qu’il l’a dit et au moment où la ligne rouge a été franchie, nous avions décidé une intervention. Il se trouve qu’il a fallu la mener en coopération avec nos alliés, mais sur un objectif très précis, toucher les outils, les arsenaux chimiques clandestins du régime, ne pas toucher les alliés du régime, ne pas toucher même le fonctionnement institutionnel du régime, ce n’était pas notre sujet. Notre sujet c’est ne pas faire en sorte que l’arme chimique prolifère et éviter que Bachar El ASSAD ne s’en serve une nouvelle fois ».

Déclaration conjointe du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et de la Ministre des Armées : déclaration de Mme Florence Parly
« Cette nuit à 3 h 00 du matin heure de Paris, sur ordre du président de la République, les armées françaises en étroite coordination avec les armées américaines et britanniques ont mené une opération en Syrie ». « Je voudrais remercier nos alliés américains et britanniques et, en particulier, mes homologues James MATTIS et Gavin WILLIAMSON, avec lesquels je me suis entretenue presque chaque nuit de cette semaine pour que cette opération puisse être menée à bien ».

Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères dans le JDD
« Les cibles ont été choisies d’un commun accord. »

III.2 Moyens engagés

Déclaration conjointe du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et de la Ministre des Armées : déclaration de Mme Florence Parly
« Concrètement, cette opération combinait des moyens navals et des moyens aériens. Des frégates multi-missions accompagnées de bâtiments de protection et de soutien ont été déployées en mer Méditerranée. Dans le même temps, un raid aérien est parti en début de nuit depuis plusieurs bases aériennes en France, afin de rejoindre les côtes de la Syrie. Ces différents moyens ont tiré de manière parfaitement coordonnée des missiles de croisière sur les objectifs prévus, ceci en étroite synchronisation avec nos alliés américains et britanniques ».

III. 3 Une action circonscrite, proportionnée et ciblée
Communiqué de la Présidence
« Notre réponse a été circonscrite aux capacités du régime syrien permettant la production et l’emploi d’armes chimiques ».

Déclaration conjointe du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et de la Ministre des Armées : déclaration de M. Jean-Yves Le Drian
« Elle [cette action] est circonscrite à des objectifs précis : la destruction des capacités chimiques du régime syrien afin de l’empêcher de commettre de nouveaux massacres chimiques, de poursuivre sa stratégie de terreur à l’encontre de sa propre population. C’est une action proportionnée et ciblée : elle ne cherche pas à atteindre les alliés d’Assad ni la population civile, mais à dissuader le régime syrien de poursuivre ces actions criminelles ».

Déclaration conjointe du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et de la Ministre des Armées : déclaration de Mme Florence Parly
« Cette opération visait des objectifs appartenant au programme chimique clandestin de la Syrie. Le principal centre de recherche de ce programme et deux importants sites de production ont été frappés. Au travers de ces objectifs, c’est la capacité de développer, de mettre au point, de produire des armes chimiques de la Syrie qui est atteinte. Le but est simple, empêcher le régime de faire à nouveau usage d’armes chimiques ». « Les infrastructures visées ont servi à développer et à produire les substances utilisées pour tuer des hommes, des femmes et des enfants syriens, au mépris de toutes les normes du droit et de la civilisation ».

Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères lors du JT de TF1
« C’est une grosse opération qui d’ailleurs a été uniquement orientée sur des cibles liées à l’arsenal chimique de la Syrie et non pas sur l’armée syrienne ou sur les alliés de la Syrie »

Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères au JDD
« Ces frappes ont été circonscrites, proportionnées et elles sont légitimes. Elles ont uniquement visé l’arsenal chimique clandestin du régime. »

Interview du Président de la République sur BFM TV
« Et nous sommes intervenus dans un cadre très précis, je veux le dire à nos concitoyens. Un : dans le cadre stricte justement de cette légitimité internationale. Deux : sans déclarer la guerre au régime de Bachar al-Assad, nous avons frappé de manière extrêmement précise des sites d’utilisation d’armes chimiques contraires à tout le droit international en particulier leur utilisation conformément à nos engagements. »

III.4 Une action ponctuelle – Le refus de l’escalade
Interview du Ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur BFM TV
« Il n’y a pas de première phase, il n’y a qu’une phase et les objectifs qui avaient été fixés ont été atteints. Il y avait des cibles qui avaient été bien identifiées, bien circonscrites, qui étaient toutes des cibles liées à la capacité chimique clandestine du régime de Bachar El ASSAD. Et ces cibles ont été touchées, Madame PARLY, la ministre des Armées pourra en rendre compte en fin d’après-midi ».
« Il n’y a pas d’engagement, d’escalade militaire, c’est uniquement notre objectif de franchissement de ligne rouge que nous voulons faire respecter. Et nous le faisons en accord et en concertation avec nos armées. Mais c’est nous-mêmes qui prenons nos responsabilités, c’est nous-mêmes qui vérifions, c’est nous-mêmes qui avons nos renseignements, c’est nous-mêmes qui avons identifié nos cibles ».
« Le Parlement va être réuni comme la Constitution le demande par l’article 35. Et toutes les informations seront données à ce moment-là aux parlementaires. Il n’y a pas de vote dans l’état actuel des choses puisqu’en plus, il n’y a pas de suite d’opération à envisager. Il fallait poser cet acte fort et nous l’avons posé ».
« Il faut mettre en place un processus de paix, le processus de paix ça commence d’abord par la trêve et par l’arrêt des combats ».
Déclaration conjointe du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et de la Ministre des Armées : déclaration de Mme Florence Parly
« Nous ne cherchons pas la confrontation et nous refusons toute logique d’escalade militaire. C’est la raison pour laquelle, avec nos alliés, nous avons veillé à ce que les Russes soient prévenus en amont. Un bilan précis des opérations sera communiqué dans les prochaines heures. Au-delà, la France reste résolument engagée au sein de la coalition internationale qui lutte contre Daesh au Levant, ceci tant que cette menace perdure ».

Interview du Président de la République sur BFM TV
« Sur l’escalade, je l’ai dit dès le début, la stabilité du pays est essentielle. Vous voyez que les réactions des Syriens, des Iraniens, comme des Russes condamnent mais ne vont pas vers de la surenchère, parce que l’opération a été parfaitement menée par nos militaires et qu’elle s’inscrit dans ce cadre que nous avons défini. Je voudrais vous faire noter une chose : il y a dix jours, le président Trump disait que les États-Unis avaient vocation à se désengager de la Syrie. Nous l’avons convaincu qu’il était nécessaire d’y rester. »

Conférence de presse du président de la République avec la Premier ministre néo-zélandaise
« L’engagement militaire en Syrie, qu’il s’agisse des Etats-Unis comme de tous les alliés de la coalition internationale, n’est pensé, justifié que dans le cadre d’une guerre contre ISIS. Ce qu’a rappelé la Maison Blanche cette nuit, ça a été notre position depuis le début. Il n’y a donc aucun changement et je n’ai indiqué aucun changement hier.
Je n’ai pas dit que ni les Etats-Unis ni la France n’allaient militairement rester engagés dans la durée en Syrie. Nous avons un objectif militaire en Syrie et un seul, la guerre contre ISIS.
J’ai simplement dit que les Etats-Unis ont décidé – avec la Grande Bretagne et la France – de mener une opération ciblée qui ne se construit pas dans ce cadre, qui a été la préservation du droit humanitaire et que ce faisant, ils ont reconnu avec nous que notre responsabilité politique en Syrie ne se résumait pas à la lutte contre Daech, c’est un fait.

Et donc oui, la Maison Blanche a raison de rappeler que l’engagement militaire est contre Daech et se terminera le jour contre Daech sera parachevée.
La France a la même position mais oui, j’ai raison de dire que les Etats-Unis d’Amérique – parce qu’ils ont décidé avec nous cette intervention – ont pleinement réalisé que notre responsabilité allait au-delà de la guerre contre Daech ; et que c’était une responsabilité aussi humanitaire sur le terrain et une responsabilité dans la durée pour construire la paix.
C’est aussi pour cela que les Etats-Unis ont confirmé leur présence dans le cadre du Small group et donc, je souhaite que nous continuons avec les Etats-Unis à travailler à une solution politique inclusive en Syrie, non pas militaire, qui seule permettra de préserver la souveraineté syrienne, la paix durable en Syrie, l’absence d’émergence de toute forme de terrorisme et l’absence de domination, en particulier iranienne en Syrie. »

III.5 L’objectif atteint : la destruction de l’essentiel de l’arsenal chimique du régime syrien
Interview du Ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur BFM TV
« Le but de cette opération, c’était de détruire les outils chimiques clandestins du régime de Bachar El ASSAD. Et à cet égard oui, l’objectif a été atteint ».
« Le but a été atteint, il faut maintenant que Bachar El ASSAD en tienne compte, ses alliés aussi, et qui montre que sur la question de l’arme chimique, il y a une ligne rouge qu’il ne faut pas franchir. Et si d’aventure elle était re-franchie, il y aura une autre intervention. Mais je pense que la leçon sera comprise ».
« Une bonne partie de son [Bachar Al Assad] arsenal chimique a été détruite ».
« Je pense que beaucoup [des entrepôts et des outils de fabrication des armes chimiques] a été détruit par les frappes de cette nuit, mais il faut vérifier tout ».

Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères lors du JT de TF1
[Suivi des capacités du régime syrien à utiliser des armes chimiques] « Il reste maintenant à vérifier qu’il n’y a pas d’autres endroits et il faut maintenant que l’organisation de l’interdiction des armes chimiques, qui existe, qui fonctionne, qui a des experts qui doivent aujourd’hui pouvoir aller vérifier…. il faut maintenant qu’on s’assure qu’il n’y ait plus aucune possibilité pour Bachar d’utiliser l’arme chimique. »

Interview du Président de la République sur BFM TV
« Nous avons réussi l’opération sur le plan militaire puisque l’intégralité des missiles qui ont été tirés ont atteint leur objectif et ses capacités de production d’armes chimiques ont été détruites. »

III.6 Une opération militaire réussie
Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur BFM TV
« Tous les avions sont rentrés ».

Déclaration conjointe du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et de la Ministre des Armées : déclaration de M. Jean-Yves Le Drian
« L’action [qui] a été conduite par nos forces armées, que je tiens à saluer car je connais leur professionnalisme et leur sang-froid au service de la France [...] ».

Déclaration conjointe du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et de la Ministre des Armées : déclaration de Mme Florence Parly
« Vous me permettrez de saluer le professionnalisme, la rigueur, le courage des femmes et des hommes des armées françaises, qui ont contribué à la bonne exécution de cette opération d’une grande complexité ».

Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères lors du JT de TF1
« Si vous me permettez, juste avant de répondre à votre question, un coup de chapeau quand même aux forces armées françaises qui ont manifesté un sang-froid, un courage, un professionnalisme exemplaires dans une mission qui était très difficile »

IV. Les trois priorités de la France (lutte contre Daech ; l’accès de l’aide humanitaire aux populations civiles ; une dynamique collective pour parvenir à un règlement politique du conflit) et prochaines étapes

Communiqué de la Présidence :
« Depuis mai 2017, les priorités de la France en Syrie sont constantes : permettre l’accès de l’aide humanitaire aux populations civiles, enclencher une dynamique collective pour parvenir à un règlement politique du conflit, afin que la Syrie retrouve enfin la paix, et veiller à la stabilité de la région.
Je poursuivrai ces priorités avec détermination dans les jours et les semaines à venir. »

Déclaration conjointe du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et de la Ministre des Armées : déclaration de M. Jean-Yves Le Drian
« Depuis sept ans, le conflit syrien ne cesse de s’aggraver et s’amplifier. Il affecte directement la sécurité de la France et de l’Europe. Dans ce contexte, nous avons deux priorités : la lutte contre les groupes djihadistes, en particulier Daech, et le retour à la stabilité qui appelle une solution politique. Elle seule peut être synonyme de paix et de sécurité pour le peuple syrien, pour la région et pour la communauté internationale.
C’est pourquoi, très vite, nous allons donc prendre des initiatives politiques. Nous avons trois impératifs :
-  1°, le démantèlement du programme chimique syrien, de manière vérifiable et irréversible.
-  2°, un cessez le feu sur l’ensemble du territoire syrien et l’accès humanitaire aux populations civiles, comme l’exigent les résolutions du conseil de sécurité. Ces décisions ont force de loi internationale. Elles s’imposent à tous. Elles sont restées lettre morte jusqu’à présent. Nous devons les faire vivre.
-  3°, un plan de sortie de crise, qui doit être trouvé avec une solution politique. Nous sommes prêts à y travailler dès maintenant, avec tous les pays qui peuvent y contribuer. »

Interview du Ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur BFM TV
« Après les frappes, je l’ai déjà dit ce matin, la France va être à l’initiative, à l’initiative politique au Conseil de sécurité pour permettre qu’enfin, un processus de paix puisse se mettre en œuvre. Il y a tous les éléments sur la table pour le faire, je vous l’ai dit, une résolution des Nations unies votée à l’unanimité. Nous allons prendre l’initiative dans le domaine chimique pour faire en sorte qu’il y ait vraiment éradication totale de tout l’arsenal chimique de Bachar El ASSAD et, donc, faire en sorte que l’OIAC nous dise : il y a encore là peut-être des entrepôts, des outils de fabrication de l’arme chimique qui restent et il faut les détruire.
Et puis il y a aussi l’aide humanitaire, la trêve, la nécessité de faire en sorte que la population… les populations syriennes arrêtent de souffrir. Et la trêve, ça permet aussi l’acheminement humanitaire partout. Voilà les 3 secteurs sur lesquels nous allons commencer à intervenir dès lundi, lundi matin il y a une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne et ces sujets seront déjà sur la tête.
Il faut mettre en place un processus de paix, le processus de paix ça commence d’abord par la trêve et par l’arrêt des combats ; et ensuite par la définition d’une nouvelle Constitution ; et ensuite par la mise en œuvre d’élections. Il faut donc tout le monde se mette autour de la table, d’abord les acteurs syriens mais aussi que les pays qui, d’une manière ou d’une autre, ont à voir avec la Syrie – et il y en a quand même un certain nombre – puissent se mettre d’accord pour qu’on engage ce processus. La France est prête à parler avec tout le monde… »

Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères lors du JT de TF1
[Daech] « Nous avons d’abord un gros problème qu’on semble oublier dans tout cela, c’est Daesh ! Puisque notre ennemi dans cette affaire, c’est Daesh, qui nous a frappés sur notre sol il y a maintenant plusieurs mois. Et pendant cette période, pendant la guerre civile syrienne, Daesh en profite pour… si je peux me permettre l’expression, se refaire un peu une santé. Donc il faut continuer le combat contre Daesh. »

[Processus politique] « Parallèlement, la France veut reprendre l’initiative - le président MACRON l’a fait savoir il y a quelques heures au Conseil de sécurité - pour faire en sorte que l’on s’achemine vers un règlement pacifique de la crise syrienne qui dure maintenant depuis sept ans, qui a fait 400.000 morts, qui a fait une quinzaine de millions de déplacés et de réfugiés, des populations meurtries qui sont dans la terreur. Il faut sortir. Il faut sortir par la définition d’une feuille de route et nous allons prendre des initiatives dès lundi au Conseil de sécurité à New York, à Bruxelles lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères, pour tracer la feuille de route avec tous ceux qui voudront bien y contribuer… Tous ceux qui déclarent vouloir la paix… eh bien le chemin existe, il y a un cadre qui a été décidé aux Nations unies, il faut encore maintenant faire en sorte qu’il prenne figure et qu’il se mette en avant. »« Maintenant, il faut prendre l’initiative politique nécessaire au Conseil de sécurité mais il faut aussi faire en sorte que les résolutions du Conseil de sécurité - je pense en particulier à une résolution que la Russie a votée pour faire en sorte qu’il y ait un cessez-le-feu, c’est la première étape, pour faire en sorte qu’il y ait l’acheminement de l’aide humanitaire pour toutes les populations de Syrie, c’est indispensable - que cette résolution-là soit acceptée et qu’ensuite, on puisse rentrer dans le processus politique qui patine déjà depuis plusieurs années. »

Interview du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères dans le JDD

[Processus politique et Russie] « Le président de la République a fixé la position de la France sur l’usage d’armes chimiques et sur la Syrie. Il faut espérer maintenant que la Russie comprenne qu’après la riposte militaire sur cet arsenal syrien nous devons joindre nos efforts pour promouvoir un processus politique en Syrie qui permette une sortie de crise. La France est disponible pour y parvenir. Sauf qu’aujourd’hui, celui qui bloque ce processus, c’est Bachar El-Assad lui même. À la Russie de faire pression sur lui. Il faut commencer par une trêve qui soit vraiment respectée, cette fois, comme l’exigent les résolutions du Conseil de sécurité. »
[Politique et humanitaire] « Sur les armes chimiques, il faut d’abord poursuivre le démantèlement de l’arsenal syrien et que l’absence de tout armement résiduel soit validé par le conseil exécutif de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques [OIAC]. Ce qui serait conforme à la résolution 2118 du Conseil de sécurité, adoptée après les événements d’août 2013 et votée par la Russie. Ensuite, il faut qu’une trêve permette la reprise de l’aide humanitaire, comme le prévoit la résolution 2401, adoptée également par la Russie. Enfin, il faut revenir au processus politique défini par la résolution 2254, qui prévoit l’adoption d’une nouvelle Constitution et des élections libres. »
« Il y a à Idlib 2 millions d’habitants maintenant, dont des centaines de milliers de Syriens évacués des villes rebelles reprises par le régime. Le risque existe d’un nouveau désastre humanitaire. Le sort d’Idlib doit se régler dans le cadre d’un processus politique qui implique le désarmement des milices. Nous resterons également attentifs à la situation dans le Nord-Est, libéré de Daech avec notre soutien. Je rappelle ici que notre ennemi principal reste Daech ainsi que les autres groupes terroristes qui profitent de cette période pour se recomposer dans l’est du pays. » « Dans notre stratégie, la relance du processus politique implique que tous les acteurs syriens et régionaux participent. Nous allons en parler avec nos partenaires du Small Group mais il faut tout faire pour éviter que la présence militaire iranienne en Syrie ne débouche sur une explosion du conflit en dehors des frontières syriennes. Je demanderai lundi au conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union Européenne de se tenir aux côtés des Syriens en leur apportant l’aide dont ils ont besoin. »

Interview du Président de la République sur BFM TV
« Maintenant, tout cela s’inscrit dans quel cadre ? Dans une démarche qui est, prioritairement, la lutte contre Daech, ce travail international et humanitaire et, ensuite, la nécessité de construire une solution politique en Syrie. Et, à ce titre, cette intervention est essentielle. »
« La construction de la paix, elle existe si vous ne laissez pas la Syrie dans la main d’un seul pouvoir, celui de Bachar al-Assad, dont l’obsession aujourd’hui est de détruire une partie de son peuple. »
« Nous préparons aujourd’hui une solution politique dans la durée - mais ce que je dis depuis le premier jour - dont la finalité est de construire ce que l’on appelle une solution politique inclusive, c’est-à-dire de permettre une transition qui, dans un cadre à la fois constitutionnel, comme les Russes l’ont eux-mêmes proposé - et nous avons sur ce point une vraie convergence avec Vladimir Poutine… »
« Mais la priorité, c’est de construire la paix dans la durée. Ce qui ne se fera que si nous enclenchons ce processus politique inclusif. Vous parliez du peuple syrien. Il y a le peuple syrien qui continue à être martyrisé, il y a le peuple syrien qui vit exilé, en Turquie, en Jordanie, au Liban, et aussi en Europe comme aux États-Unis, et donc celui-ci doit pouvoir s’exprimer. »

Dernière modification : 17/04/2018

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