Remise de l’ordre national du Mérite à M. Jean-Louis Worobec, Président de l’association des Anciens combattants français dans le New South Wales

Allocution de Mme Anne Boillon, Consule générale de France, le 21 février à l’occasion de la remise de l’ordre national du Mérite à M. Jean-Louis Woroben.

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Monsieur le Président d’honneur de l’Association des Anciens combattants français dans le NSW, cher Jean-Louis,
Monsieur le Président de la section australienne de la Légion d’Honneur, cher Bill
Madame la Présidente de la section australienne de l’Ordre national du Mérite et représentante de la Fédération nationale des anciens combattants résidant hors de France, chère Marie
Madame et messieurs les élus consulaires,
Monsieur le nouveau Président de l’association des Anciens combattants , cher Philippe,
Monsieur le Vice-Président, cher Yannick
Mme la Présidente de l’association des amis du Musée la Pérouse, chère Carole ,
Monsieur le directeur de l’Alliance française
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Merci tout d’abord à l’Alliance française de nous avoir permis d’organiser cette cérémonie dans ces beaux locaux.
C’est à la fois un grand plaisir et un grand honneur cher Jean-Louis de présider cette cérémonie durant laquelle va vous être remis l’insigne de chevalier dans l’ordre national du mérite.
Un grand plaisir d’abord parce que vous êtes, après la formidable équipe du Consulat, une des premières personnes que j’ai rencontrées avec vos camarades lors de mon arrivée en Australie, puisque j’ai pris mes fonctions le 7 août et que dès le 15 août nous avons participé ensemble, à St Martins place, à la célébration de la Victoire du Pacifique. Je me suis dit en mon for intérieur que nous étions bien représentés et j’ai revu hier les superbes photos prises avec la gouverneure du New South Wales, elle-même visiblement impressionnée que la France soit en force.
C’est aussi le jour où j’ai fait la connaissance, ici même d’Hélène, de vos camarades et de leurs épouses. Et je me suis assez vite sentie en famille !
Présider cette cérémonie est également un grand honneur également car nous savons ce que nous vous devons pour avoir animé pendant de nombreuses années l’association des Anciens combattants français du NSW, et avoir porté haut nos couleurs, dans toutes les manifestations commémoratives auxquelles vous avez été convié, y compris celles auxquelles vous avez gentiment accepté de représenter les Consuls généraux successifs lorsqu’ils étaient empêchés. Et dieu sait combien les commémorations sont importantes particulièrement en Australie, pays qui a le sens de l’héroïsme, de la nation, de l’hommage à rendre aux femmes et aux hommes qui ont servi les valeurs du pays y compris dans les contrées les plus éloignées, parfois au prix de leur vie. Et ce devoir de mémoire est particulièrement essentiel pour l’amitié Franco-Australienne dont il ne faut jamais cesser de rappeler qu’elle est née dans les plus durs moments de la Première guerre mondiale. Mais c’est de la dureté de ces moments qu’est sortie une relation non pas seulement entre gouvernements mais entre les peuples et les nations capable de résister à l’épreuve du temps et aux soubresauts de la politique.
Cher Jean-Louis, je ne vais pas revenir sur l’Ordre National du Mérite, dont tout le monde ici connaît bien l’histoire : créé par le Général de Gaulle comme un ordre républicain, il récompense et distingue des actes de dévouement, de bravoure, de générosité, de réels mérites ou un engagement mesurable au service des autres ou de la France,
Je vais plutôt cher Jean-Louis revenir sur vos mérites.
D’abord vous avez servi sous les drapeaux, dans la Marine nationale. En tant qu’infirmier vous avez notamment appartenu au commando chargé de la protection de l’hôpital de Bizerte en 1961, lors de l’opération dite « Bouledogue », qui s’est soldée par une victoire militaire mais qui marqua néanmoins la dernière étape de l’évacuation militaire de la Tunisie nouvellement indépendante. Vous y avez forgé très certainement un vrai sens de la camaraderie qui ne vous a depuis jamais quitté !
Vous êtes arrivés cher Jean-Louis en Australie en 1970 , vous y avez construit non seulement votre carrière comme spécialiste de la photographie, au sein des laboratoires Kodak, mais surtout votre famille, avec Hélène, votre épouse et vos deux filles, Marie Luce et Vanessa. Et puis après vous être complètement installé, avoir vu vos enfants grandir, vous avez rejoint l’association des anciens combattants français du NSW en 2001 et vous en êtes devenu le Vice président en 2009 et le Président en 2013.

Soit près de 20 années déjà passées au service de l’association , que vous animez avec dynamisme, menant avec constance votre navire, en regardant passer les consuls qui se succèdent.

Vous avez su mettre fin à la balkanisation, pour ne pas dire aux guerres picrocholines entre les différentes factions des Anciens combattants du NSW, un travail de pacification et de diplomatie dans lequel vous ont accompagné plusieurs de mes prédécesseurs et notamment Eric Berti, qui en tant qu’ancien officier de marine, jouissait d’une autorité naturelle !

Vous avez retrouvé l’unité, tourné la page des divisions et construit une association forte de 40 membres, qui fait l’unanimité au sein de la communauté française, au-delà même des frontières du New South Wales.

Le général Beauchesne, Président des FACS, vous en a remercié lors de sa visite en Australie en avril 2018.

Dans vos activités de président, vous avez toujours veillé à rompre l’isolement des plus âgés et des plus vulnérables en organisant des visites, en les aidant dans leurs démarches administratives, en organisant des petites courses de proximité). Vous avez , je l’ai déjà souligné, pris une part plus qu’active à l’organisation des cérémonies de commémoration pour les faits d’armes français et australiens, et vous avez tout particulièrement sollicité au cours des quatre années marquées par le cycle du centenaire de la première guerre mondiale.

Et je pense que vous avez été, grâce à mon prédécesseur Nicolas Croizer, remercié à ce titre par le Président de la République lors de sa visite à Sydney en mai 2018 !

Vous avez fait honneur à nos bâtiments en escale et les commandants de bord ont toujours de leur côté vivement apprécié de vous recevoir, en tenue !

Et je voulais aussi, cher Jean-Louis vous remercier d’avoir rendu visite cette année à notre doyenne centenaire, Mme Philomène Sergent, elle-même veuve d’un membre des FFL, et de vous être occupé de notre compatriote René Müller, ancien combattant de la Deuxième guerre mondiale au sein des FFL, que nous avons eu le plaisir de voir décorer de la Légion d’honneur avant Noël.

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Au-delà des mérites directement liés à votre travail œcuménique pour l’association des Anciens combattants et pour l’image de la communauté française, je voudrais saluer, cher Jean-Louis et chère Hélène - car je ne sais pas s’il y aurait un Jean-Louis sans Hélène et une Hélène sans Jean-Louis – votre parcours commun qui est aussi une de ces histoires de Français venus en Australie dont toute notre communauté peut être fière, même si vous-mêmes restez très, je dirais même trop, modestes.
Votre histoire nous fait honneur : vous représentez la France dans ce qu’elle a de meilleur, notamment ses valeurs de liberté, d’égalité et de liberté, dont nous cherchons chaque jour à être à la hauteur, sans toujours forcément y parvenir.
La France a accueilli vos parents, qui étaient des enfants de la liberté mais aussi des destins déracinés par les deux grandes guerres du XXème siècle : votre père Jean-Louis s’était exilé d’Ukraine après la parenthèse de l’indépendance au lendemain de la première guerre mondiale, et vous Hélène, votre mère était une jeune femme polonaise et votre père un soldat américain venu libérer l’Europe. Tous deux ont choisi d’installer leur famille en France
Vous vous êtes rencontrés dans le village natal de Jean-Louis, à Moisenay, pas très loin du château de Vaux le Vicomte au milieu des années 60 et depuis vous ne vous êtes guère quittés. Mais par contre vous avez fait du chemin ! Parce qu’au fond de vous vous étiez déjà mus par le gout de l’aventure mais aussi par une grande générosité. Hélène m’a ainsi expliqué que vous aviez pour projet de partir comme « missionnaires » en Afrique - Jean-Louis étant infirmier– mais que la naissance de votre première fille Marie-Luce vous avait convaincu de modifier votre projet : ce fut donc l’Australie où vous êtes arrivés en 1970, par bateau, après avoir longé les côtes de l’Afrique de l’Ouest, avoir fait escale à Durban puis à Perth.

Vous deviez n’y rester que deux ans et vous y êtes encore.
Nous vous en sommes reconnaissants, et nous sommes reconnaissants de tout ce que vous faites et ce que vous continuerez à faire puisque Jean-Louis vous restez Président d’honneur et surtout vous continuerez à visiter les anciens et à leur apporter le réconfort humain qui est si important.
Avant de laisser la parole à Marie, je voulais une dernière fois vous dire merci, féliciter Philippe Maillols qui prend votre succession et Y. Gacoin qui l’épaulera , et vous dire : rendez-vous pour l’ANZAC day, le 25 avril ! Encore une fois nous compterons sur vous pour porter haut les couleurs de notre pays.

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Dernière modification : 17/03/2020

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