Retour sur le webinaire du 4 juin sur les partenariats internationaux en temps de COVID-19 #ST7bis [en]

Merci à nos 190 participants venus de plus de vingt-deux pays différents d’avoir contribué au succès ce premier webinaire ! Preuve que le COVID-19 affecte non seulement la façon dont nous menons actuellement nos collaborations, avec un tournant vers l’utilisation des services en ligne, mais aussi les sujets mêmes sur lesquels nous collaborons, ce webinaire a été l’occasion d’échanger sur des questions inédites pour beaucoup d’entre nous. Durant une heure, nos quatre intervenants ont partagé avec nous leurs réflexions sur le nouveau paysage des collaborations internationales et sur la manière dont les partenariats stratégiques, la mobilité des étudiants et les collaborations en matière de recherche se structureront dans les mois et les années à venir.

Le professeur Adid Khan, Vice-chancelier adjoint et vice-président de l’université Monash, a soulevé de nombreuses hypothèses sur la mutation et l’expansion du rôle des universités dans le paysage local. La crise du COVID-19 pourrait amener à une multiplication des échanges dans les domaines de l’éducation et de la recherche, permis par une transition accéléré vers les contenus digitaux (dans la lignée des ‘mégatendances’ du 21ème siècle), gonflant les capacités et moyens des réseaux internationaux, mais dans le même temps augmentant la compétition entre les établissements, les Etats. Des retombées positives à la crise sont attendues, tels que l’émergence de nouveaux modèles de collaboration et d’innovation multi-acteurs, l’expansion des plateformes open-sources et un ralentissement de l’exode des cerveaux (‘from brain-drain to brain connection’). Les étudiants du futur seront connectés au monde, auront de nouvelles façons de travailler et des parcours professionnels basés sur la flexibilité et la résilience.

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Minh-Hà Pham, Vice-président des relations internationales à l’Université de Paris Sciences et Lettres, nous a donné un exemple de mise en mouvement de la stratégie internationale au contexte du COVID-19 d’un établissement d’enseignement et de recherche d’envergure. L’Université de PSL a un partenariat très actif avec l’Australian National University. L’utilisation des outils digitaux a permis aux équipes de continuer à travailler sur une stratégie d’adaptation durant la situation de confinement et de distanciation sociale qui a duré près de six semaines en France. Par la suite, de nombreuses vidéos conférences et séminaires ont été mis en place afin de communiquer sur la vision et les intentions de l’école aux partenaires. L’enseignement devrait garder une empreinte durable de cet événement avec un enseignement mixte entre les cours en ligne et en classe, ce qui pourrait avoir un effet positif sur l’empreinte carbone de l’école. Enfin, constat partagé par de nombreux acteurs, une orientation plus poussée vers les Winter / summer schools pour la rentrée 2021 pourrait permettre de booster les mobilités en proposant aux étudiants étrangers une expérience à l’international moins coûteuse qu’un échange.

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Tania Rhodes‐Taylor, directrice adjointe des relations extérieures de l’université de Sydney (21 partenariats d’échange avec la France), a adressé des observations pertinentes sur les perspectives à court, moyen et long terme sur la mobilité étudiante. La fermeture des frontières a amené respectivement 60 et 83% des étudiants français et australiens à retourner dans leur pays d’origine, avec le soutien des établissements. Par la suite, 98 et 86% des étudiants français et australiens ont continué à suivre les cours de leur université d’échange en ligne. L’Université explore aujourd’hui des façons innovantes d’optimiser au mieux cette mobilité virtuelle (mentoring personnalisé, événements de lien social, …) et de permettre à l’étudiant de continuer à construire son projet professionnel (stages en ligne, crédits via des programmes courts en lignes, …). Cependant, si les contenus en ligne se développent massivement, tant en choix qu’en qualité, le virtuel semble trouver sa limite dans l’échange universitaire. Si les frontières ouvrent en 2021, il est attendu qu’un grand nombre d’étudiants demande un report de leur échange annulé en 2020, montrant que le COVID-19 n’a pas impacté l’envie des étudiants de réaliser des échanges dans le cadre de leurs études.

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Enfin, Jean-Paul Toutain, directeur du Bureau du CNRS pour l’ASEAN et l’Océanie, nous a dressé un tableau très intéressant des outils développés par le CNRS pour structurer les partenariats de l’institut de recherche à l’international, dont le niveau de maturité explique le recrutement au sein du CNRS d’un chercheur sur trois d’origine étrangère. Parmi ces outils, on retrouve les Laboratoires de recherche internationaux (IRL), les Projets de recherche internationaux (IRP) et les Réseaux de recherche internationaux (IRN) dont le jeudi des sciences #3 fait une synthèse. Néanmoins, le COVID-19 a déjà un impact visible sur la recherche : les expériences sont reportées en raison de la fermeture des laboratoires et du confinement, ce qui déplace temporairement le travail des chercheurs vers du traitement de données et de la rédaction de documents. De leur côté, si les collaborations s’organisent par des rencontres et séminaires en ligne, l’entrave sur les mobilités pourrait, à terme, défavoriser le développement scientifique des pays ayant un accès limité à internet. Enfin, la continuité des collaborations internationales sera déterminée par le choix des pays entre privilégier leur économie par la diminution les fonds alloués pour la recherche, ou au contraire soutenir le secteur, en allouant des fonds pour sa mutation.

Dernière modification : 08/07/2020

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