Sur la route de l’Antarctique #ST48 [en]

Organisée par la France, la 43è Réunion Consultative du Traité sur l’Antarctique (RCTA) se tiendra du 14 au 24 juin prochains. Ce rendez-vous annuel fonde le socle de la collaboration internationale pour la protection de ce continent dédié à la paix et à la recherche. La France et l’Australie travaillent étroitement sur de nombreux projets scientifiques menés sur place destinés à l’étude du climat et de la biodiversité, dont le projet Polar Pod, un navire océanographique vertical conçu par l’explorateur Jean-Louis Etienne.

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S’il encore difficile de déterminer si l’évolution de la pandémie permettra de réunir physiquement les délégations à Paris, ou si la RCTA devra se tenir par visioconférence, un site internet (https://atcm43paris.fr/) dédié à cet événement et à destination des membres des délégations et du public a été mis en ligne par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Ouvert à tous, le site permet de prendre connaissance des enjeux relatifs à l’Antarctique, du rôle des RCTA et de l’action de la France en Antarctique.

En effet, le Traité sur l’Antarctique, signé à Washington le 1er décembre 1959 à l’initiative de la France et de l’Australie, pose des dispositions importantes sur la protection de ce continent dédié à la recherche scientifique et à la coopération internationale, complété par le Protocole relatif à la protection de l’environnement signé le 4 octobre 1991 - dit "Protocole de Madrid". Ce dispositif international a fait preuve jusqu’à aujourd’hui d’une grande efficacité pour faire de l’Antarctique une « réserve naturelle consacrée à la paix et à la science ». Le site du Secrétariat du Traité sur l’Antarctique (https://www.ats.aq) regroupe l’historique de cette coopération.

Dans ce cadre, les Réunions Consultatives du Traité sur l’Antarctique (ou RTCA) sont des échanges annuels donnant effet aux principes du Traité et du Protocole, en renouvelant les réglementations et les lignes directrices de gestion. Ces mesures, décisions et résolutions sont adoptées par consensus des Parties consultatives (les seules participant au processus décisionnel).

Ces décisions, relatives aux activités de recherche, de tourisme et de pêche, sont éclairées par les données des chercheurs de nombreux pays présents en Antarctique. Sur ce point, la France est une nation polaire de longue date, et compte des acteurs actifs tels que :

-  l’Institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV) qui assure le fonctionnement des deux stations françaises en Antarctique, la station française Dumont d’Urville et la station franco-italienne Concordia,

-  le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), fortement impliqué dans les groupes de travail et les instances dirigeantes du Scientific Committee on Antarctic Research, porte-parole de la Science internationale à la RCTA et au Comité pour la Protection de l’environnement (CPE)

-  et l’administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), l’autorité nationale compétente encadrant les activités humaines en Antarctique (Terre Adélie) et des archipels sub-antarctiques français (Kerguelen, Crozet). Il est également propriétaire du patrouilleur brise-glace L’Astrolabe, armé par la Marine nationale et coordonnée par l’IPEV

Pour découvrir les incroyables vidéos des expéditions polaires de l’IPEV, tenter de répondre au quiz ou admirer les portraits photos de la faune et des paysages de l’Antarctique, cliquez-vite ici !

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Manchot Adélie @TAAF

Concernant la collaboration scientifique, le 16 mars 2021, l’explorateur français Jean-Louis Etienne a présenté à la presse internationale le lancement du projet Polar Pod, une plateforme océanographique habitée (trois marins et quatre scientifiques) de 100m de hauteur spécialement conçue pour dériver autour de l’Antarctique dans les cinquantièmes hurlants. L’embarcation devrait naviguer 3 ans, et réaliser deux fois le tour de l’Antarctique, envoyant à terre des mesures sur le climat, la biodiversité et la pollution en Antarctique en temps quasi-réel, mises à disposition de la communauté scientifique internationale.

Les quatre domaines d’étude du programme scientifique sont :

-  Étude des échanges atmosphère-océan (chaleur, gaz, matière…),

-  Recensement de la biodiversité, de l’ADN au microscope en passant par l’acoustique,

-  Validation des mesures satellites (la calibration avec des mesures sur place intéresse de nombreuses agences spatiales),

-  Impact des activités humaines (micro-plastiques, contaminants et pollution sonore).

Soutenu par le CNRS, le CNEs et l’Ifremer du côté français, et également de nombreux partenaires internationaux, le navire est devrait bientôt débuter sa mise en chantier pour une mise à l’eau prévue en 2023. Sa construction devra répondre à trois attentes de la communauté scientifique : conduire des campagnes de longue durée sur l’océan Austral, réduire l’empreinte écologique des expéditions océanographiques et atteindre un coût journalier en mer extrêmement faible.

L’Australie est impliquée par l’intermédiaire de David Antoine, directeur de recherche CNRS au Laboratoire d’Océanographie de Villefranche, et professeur à Curtin University (Perth, Western Australia), qui est le coordinateur scientifique du projet. L’expédition aura aussi un volet de vulgarisation scientifique à destination des scolaires et du grand public.

Dernière modification : 20/04/2021

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